Pluie d’étoiles sur le Luberon

Quelle mairie ne rêverait pas d’engager des travaux qui pourraient aller jusqu’à diviser par deux sa facture annuelle d’électricité, avec un retour sur investissement sur 4 ans ? Ce rêve, qui peut sembler utopique à certains, est devenu réalité pour d’autres… En changeant et en éteignant (de manière partielle ou totale) les éclairages publics.


Ainsi, la ville de Forcalquier a économisé 12 000 € sur une facture annuelle de 100 000 € dépensés dans l’éclairage nocturne. À Joucas, la facture d’électricité a baissé de 30%. Et pour Saint-Saturnin-les-Apt et Aubenas-les-Alpes, la facture et l’abonnement électriques, ainsi que l’entretien des équipements ont tous été réduits de moitié, avec un amortissement sur 4 ans.

 

Ces communes, ainsi que 4 autres du Parc naturel régional du Luberon, ont reçu la semaine dernière, à Mérindol, leur label "Villes et Villages Étoilés" des mains de Sergio Ilovaïsky, délégué départemental de l’Association de protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN). Un label "dont le cahier des charges est très exigeant, mais qui a été vivement incité par le parc, dont la Charte intègre des enjeux de protection de l’environnement, de la biodiversité et du ciel nocturne, ainsi que la promotion de nouvelles pratiques d’économies d’énergie", rappelle sa présidente, Dominique Santoni.

 

Une incitation qui paye, puisque aujourd’hui, "sur 77 communes réparties sur le territoire du Parc, 50% pratiquent l’extinction partielle ou totale de ses éclairages publics aujourd’hui, alors qu’elles n’étaient que deux il y a 5 ans", explique Matthieu Camps, responsable du pôle Transition énergétique & Écologie urbaine au Parc. Un engouement que l’on retrouve via l’organisation du "Jour de la Nuit", qui a rassemblé 1247 participants en 2017, et dont l’organisation sera répétée cette année.

 

Et dans une région où la qualité de ciel n’est plus à démontrer, et qui recueille en son sein l’Observatoire de Haute-Provence et d’autres observatoires amateurs de renom (montagne de Lure, SIRENE et Mont Chiran), la préservation de l’environnement nocturne peut avoir des répercussions sur les pratiques astronomiques, la biodiversité… Mais également l’économie du territoire.

 

C’est pourquoi de nombreux acteurs (élus, représentants d’associations astronomiques amateurs, médiateurs scientifiques, Star Guides®, offices de tourisme) étaient présents lors d’une réunion thématique sur "l’astrotourisme", et son développement potentiel. Une bonne occasion de créer des liens, afin que la grande diversité des acteurs et leurs compétences soient connues et utilisées. Pour éventuellement lancer une dynamique dans ce sens et monter un projet commun.

 

Mais "il faut d’abord faire rêver les gens avant de les sensibiliser à la pollution lumineuse", rappelle une participante. D’où l’importance à court terme des manifestations grand public, afin d’interpeller élus et citoyens, et faire en sorte "d’éviter que l’on crée des réserves d’astronomes, comme on a créé des réserves d’Indiens" ajoute malicieusement Sergio Ilovaïsky.


Karl Antier
La Provence 18 juin 2018

Réaction de Daniel Le Cornec

 "C’est une grande fierté pour nous ! La commune de Vachères a commencé les travaux avant même la mise en place du label. Dès 2009, elle a fait confiance à une équipe qui a réalisé l’expertise technique, contacté les entreprises et fait des demandes de subventions départementales. L’intérêt initial de la commune était de faire des économies d’énergie. Après information de la population, une pétition réunissant 80 signataires nous a été envoyée, mais certains d’entre eux avaient 90 ans, ou n’habitaient pas Vachères. Nous avons donc maintenu notre initiative, avons changé les lampes à mercure de 125 à 150W par des lampes sodium de 50W et avons pratiqué l’extinction partielle de l’éclairage public. Les travaux se sont achevés en 2012. Grâce à ça, nous avons été labellisés une première fois. Mais cette année encore, nous n’avons que 4 étoiles sur les 5 possibles, donc il nous reste un peu de travail à faire."

 

Karl Antier

La Provence 18 juin 2018

Je fais venir de nouveaux habitants

AVEC SES 270 HABITANTS, le village de Vachères (Alpes-de-Haute-Provence), niché au coeur du Parc régional du Lubéron, n'avait a priori aucune chance de voir un jour la couleur d'un logement social... Et pourtant, l'an dernier, l'improbable a eu lieu. Une maison en bois écologique, à très faibles charges, est sortie de terre, permettant d'accueillir quatre familles de modestes revenus... et leurs six enfants. « Ces logements, en attirant de la jeunesse, ont permis de sauver l'école du village. C'était mon objectif », se réjouit le maire Alain Clapier. La principale association du village, "Made in Vachères" a aussi repris vie avec ce sang neuf. Et les jeunes ménages, heureux de leur cadre de vie, ont convaincu des proches de les rejoindre. « Trois maisons que la commune cherchait depuis longtemps à louer ont enfin trouvé preneur », apprécie le maire.


Des HLM haut de gamme
Ce petit miracle est le fait d'un bailleur social rare en France : la Foncière Chênelet(*). « On va là où les grands bailleurs sociaux ne veulent pas aller : en milieu rural. On fait du sur-mesure pour des élus qui se sentent abandonnés », explique le fondateur (catholique) François Marty. L'autre singularité de la Foncière Chênelet, c'est de créer du logement à très faibles charges pour ceux qui en ont le plus besoin : les familles pauvres les personnes âgées ou handicapées. « Dans nos logements, la récupération d'eau de pluie pour les toilettes et le lave-linge permet en moyenne une réduction de 60 % de la facture d'eau, affirme François Marty. Les charges d'électricité et de chauffage, elles, sont considérablement réduites grâce à l'isolation, la qualité des matériaux utilisés, le recours aux énergies renouvelables. » Avec sa fille de deux ans et demi, Maryline, 44 ans, est passée d'une passoire thermique en Ardèche à la « maison Chênelet » de Vachères.« Pour tout l'hiver, j'ai dépensé à peine 60 euros de chauffage, en granulés pour le poêle à bois, s'étonne-t-elle encore. Et le confort n'a rien à voir avec avant. Quand on vit bien, ça change tout. Un quotidien agréable aide à se projeter dans l'avenir.»


Mais ces constructions haut de gamme coütent aussi beaucoup plus cher: +40% en moyenne qu'un logement social classique. « Notre modèle économique, c'est un tiers de prêt de la Caisse des dépôts, un tiers de subventions de partenaires comme la Fondation Abbé-Pierre ou les collectivités locales et un tiers de fonds propres provenant d'entreprises ou de fonds éthiques », affirme François Marty. Le seul apport de la commune est de mettre à disposition un terrain sous bail de longue durée pour construire le logement. Elle peut aussi gérer les loyers, comme c'est le cas à Vachères. Cette solution séduit nombre de villages aux six coins de la France : 140 logements ont été construits depuis 2009 selon la Foncière, et 240 sont en commande. Elle permet de créer une offre locative accessible et attirante sur des territoires qui en sont dépourvus. Elle stimule aussi l'emploi local: sur un chantier, 70 % des travaux sont en moyenne réalisés par des artisans locaux.


« Nous les aidons à répondre à l'appel d'offres, car nous sommes sur un marché public », explique François Marty. La structure en bois des bâtiments, elle, provient des ateliers d'insertion Chênelet situés dans le nord de la France. Une démarche d'une grande cohérence écologique et sociale, qui cherche maintenant à se déployer sur la rénovation de bâtiments en centre-bourg.

 

(*) Rens. : www.fonciere-chenelet.org ou 03 21 92 71 96


Véronique Badets

Cahier No.7070 de Pelerin du 31 mai 2018 (http://www.pelerin.com)

Les portes du Luberon s'ouvrent

Les élus du Parc se sont retrouvés pour une visite du centre historique de Vachères

 

C'est au foyer rural de la commune qu'a eu lieu la réunion du bureau syndical du parc naturel régional du Luberon. Selon le nouveau format issu de la démarche "envie de parc", rendez-vous était donné aux élus sur la place de la mairie pour une visite guidée du musée et du centre historique par l'adjoint au maire, Daniel Le Cornee, délégué au parc.

L'occasion de montrer à tous et directement sur le terrain, les actions emblématiques conduites par la commune et le Parc du Luberon : rénovation du foyer rural et accompagnement par le conseiller en énergie partagé Sedel, centrales villageoises Lure-Albion, musée municipal de paléontologie et d'archéologie, projet de réhabilitation dans le centre ancien.

Ensuite, en présence de Laure Galpin, directrice du PNR du Luberon, s'est dérotùée la réunion du bureau menée par Dominique Santoni, la présidente, qui a souligné "le dynamisme, la passion et la participation des habitants de Vachères aux projets de la commune". Durant la séance, ont été traités différents points d'actualité.

Les élus ont décidé d'une convention entre le parc et le centre régional de la propriété forestière selon la charte forestière de territoire Luberon- Lure.

Une étude sur l'impact des réseaux aériens sur le territoire du PNR Luberon, qui risque d'être accentué par le déploiement de la fibre, ainsi qu'une demande de financement correspondant ont été votées à l'unanimité: soit une participation de la Dreal a hauteur de 80% pour un montant de 15 000 €. Par convention jusqu'en 2020, l'assemblée a renouvelé son partenariat avec l'association Vélo Loisir Provence pour une cotisation de 7000 € par an, qui réalise les missions de veille, maintenance, promotion et communication, signalisation et sécurisation des itinéraires vélo pour un forfait de 9000 € par an.

Le bureau a délibéré en faveur de la création d'un emploi pour pallier l'accroissement temporaire d'activité de la plateforme de rénovation énergétique de l'habitat, en plein essor, pour laquelle les élus regrettent pourtant, un encore trop timide engagement des communes. Une délibération a été adoptée pour instaurer une gratification des stagiaires de l'enseignement supérieur afin de valoriser leur investissement dans les projets portés par le parc.

Le Contrat Régional d'Équilibre Territorial (CRET) Luberon a fait l'objet d'une clause de revoyure et d'une nouvelle maquette financière avec une subvention Région de 8 223 140 €. Enfin, la présidente a informé l'assemblée au sujet du nouveau label "ville nature/ intercommunalité nature".

 

A.Mendez.

La Provence du 13 avril 2018

Depuis l'orage, le clocher laisse voir un trou béant en son sommet. Photo S.Ilovaisky

Le clocher foudroyé par l'orage

Vendredi dernier (3 février) alors que les orages éclataient en Haute-Provence, les vacherois ont entendu comme une détonation. Le clocher a été foudroyé en une fraction de seconde, éventrant le toit du beffroi sur son passage.

L'édifice fragilisé, ses abords ont été protégés par un périmètre de sécurité, pour prévenir des chutes de pierres. La municipalité a déclaré le sinistre à son assureur. Une belle frayeur pour les habitants, attachés au patrimoine architectural que représente leur église

 

A.Mendez

La Provence du 13 février 2017

Une crèche animée sur mesure à Vachères

Encore quelques jours pour découvrir la crèche installée dans l'église de Vachères. C'est une reproduction du village en pierres du pays, à l'échelle des «enfants» petits ou grands que l'association Vachères-Loisir a installée dans l'église. Rien ne manque, ni l'église Saint-Christophe «détoiturée» (à gauche de la photo) avant sa transformation en lieu culturel, ni le monument aux morts, ni la mairie, ni l'école laïque, les commerces et les moutons...


La poissonnerie offre un étal de poissons minuscules, on ne peut s'empêcher de rêver à une certaine pêche miraculeuse, peut-être s'agit-il des 153 poissons évoqués dans l'évangile de Jean (Jn 21.1-24). Ce plan relief déroule sa rivière enchantée et plante ses lavandes... pas encore fleuries ! Ce village perché à 910m de haut se rapetisse à la mesure d'un parterre nostalgique de vieux santons qui ne cachent pas leur plaisir d'être ici et maintenant des Vachérois.

Michel JUBIN

Haute Provence Info du 27 décembre 2017

 

Ils vous attendent jusqu’au 1er janvier tous les jours de 15h à 17h puis tous les samedis jusqu'à la Chandeleur. Tout renseignement et RDV auprès d'Isabelle Peloux au 06 32 16 86 52 ou au 06 15 40 16 24.

La classe unique de Vachères

La politique sociale de Vachères, cette commune des Alpes-de-Haute-Provence a porté ses fruits. Grâce à la construction de logements sociaux, l’effectif scolaire remonte.
 
Avec 16 écoliers à l’appel, c’est « une rentrée scolaire sous les meilleurs auspices », qu’a hier accompagnée Alain Clapier, maire (PCF) de Vachères. Un maire heureux qui en ce 4 septembre voit les fruits rapidement produits par une politique municipale assise sur une priorité : accueillir de nouvelles familles grâce à la construction de logements sociaux, et ainsi consolider l’effectif de l’école en classe unique. Un effectif qui après plusieurs départs d’élèves vers le collège et deux années consécutives de baisse, était descendu au niveau critique de 12 écoliers.

A 25 Km de Manosque, ce village niché à 830 mètres entre Reillanne et Banon, compte près de 300 habitants. Pour le maire, conserver l’école relève d’un enjeu vital. Il a ainsi pris le taureau par les cornes pour faire sortir de terre des logements sociaux : trois T3 et un T4. Le chantier a démarré en mai 2016 pour se terminer en février dernier. H2P, principal bailleur social du département, ne s’est pas risqué dans ce projet de construction éloigné de l’axe urbain de la Durance. Le maire s’est tourné vers un bailleur social du Nord, la Foncière Chénelet. C’est un bâtiment en bois et à basse consommation d’énergie qui a été construit. Les appartements sont équipés de poêles à granules et de chauffe-eau solaires. Sanitaires et machines à laver fonctionnent avec l’eau de pluie récupérée dans une cuve de 27 000 litres.

La commune gère l’encaissement des loyers, reversés au bailleur. Elle a mis le terrain à disposition et a investi 20 000 euros pour l’aménagement des abords. Sitôt livrés, sitôt occupés par « des familles qui vivaient dans le secteur, dans un rayon de 25 Km, qui étaient mal logées. Ces logements sociaux et écologiques leur permettent d’accéder à un loyer modéré pour des charges quasiment nulles. Au mois de mars le chauffage leur a coûté 5 euros...» Une émulation qui a encouragé deux autres familles à venir s’installer à Vachères. « Nous avons au village huit petits de plus », se félicite Alain Clapier. Aussi, en dépit de nouveaux départs vers le collège, l’effectif est remonté à 16 écoliers, dont 6 en maternelle.

L’enseignant, Jean-François David, fait sa 23ème rentrée à Vachères. Pour le professeur des écoles, la classe à plusieurs niveaux est une pratique « très intéressante » qui traverse l’ensemble des programmes. « Les élèves s’enrichissent les uns les autres, les plus grands exercent un tutorat pour les plus petits. C’est une vie de classe sans frontière très sympathique, stimulante, qui permet aux enfants d’intégrer des repères solides .» Autour des « mots polis » les petits de maternelle sont déjà au boulot avec l’Atsem dont le poste a été renforcé. Les élus ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin et se lancent dans un nouveau projet d’habitat : la réhabilitation de trois logements communaux.

Dans l’incertitude de la politique éducative et territoriale à venir, la vigilance reste de mise.

 

Nadia Ventre

La Marseillaise du 5 septembre 2017

Centrales Villageoises

L'aboutissement pour le projet des centrales villageoises.

 

L'inauguration a eu lieu au foyer rural de Vachères samedi 11 février en présence des élus.


"Produire ensemble des énergies renouvelables, c'est possible !" tel est le slogan de la SCIC-SAS Centrales Villageoises Lure-Albion (CVIA). Parti d'une idée lumineuse en 2014, un groupe de citoyens a mené à bien son projet, de la création d'une société coopérative en 2015 jusqu'à l'inauguration de la première tranche de travaux composée de six toitures de panneaux photovoltaïques dont celle du foyer rural où a eu lieu la cérémonie samedi.

En présence d'Alain Clapier, maire de la commune, de Philippe Wagner maire de Banon et vice-président de la communauté de communes Haute-Provence pays de Banon. de Christophe Castaner député-maire de Forcalquier et président de la communauté de communes pays de Forcalquier montagne de Lure, d'André Berger vice-président du Parc Naturel Régional du Lubéron (PNRL), et de Noémie Poize chargée de mission à l'agence Rhône-Alpes Energie Environnement (RAEE), Philippe Logeay président de la société coopérative locale, a excusé l'absence de Brigitte Reynaud élue départementale et présidente de l'ancienne intercommunalité qui a toujours soutenu ce projet. Dans son discours, disant que "l'écologie n'est pas l'affaire des politiques mais l'affaire de tous", Philippe Logeay a rappelé les enjeux d'énergies renouvelables économiques et écologiques à échelle humaine et citoyenne, a remercié les partenaires présents engagés à leurs côtés, les collectivités, les sociétaires, les bureaux d'études et les entreprises locales. "Après l'étape juridique et financière, l'étape technique à savoir la pose des panneaux photovoltaïques, était de loin la plus facile et la plus rapide". Les toitures désormais équipées, le soleil n'attend plus que le raccordement par Enedis pour briller utile, c'est déjà le cas pour la toiture d'un particulier à Reillanne.

Enfin, Philippe Logeay a terminé en affirmant que "la société coopérative a besoin de nouveaux sociétaires pour envisager la 2ème tranche de travaux, car il reste beaucoup de toitures, beaucoup de soleil, quelques chutes d'eau et quelques couloirs à vent".

 

A.Mendez

La Provence du 15 février 2017

Des éco-logements sociaux innovants

Le bâtiment a coûté 1 million d'euros, mais pas un sou à la Mairie.


Tout juste sorti de terre - il a été construit en quelques mois à peine - un nouveau bâtiment vient d'être inauguré à Vachères. Silhouette design, façades recouvertes de plinthes de bois clair et toit plat, il contraste avec les pierres vénérables de l'église située juste derrière. Cette maison, montée en éco-construction comporte quatre logements sociaux sur le point d'accueillir prochainement des familles. Construite par la foncière Chênelet, elle n'a coûté à la commune que la mise à disposition du terrain.

C'est le constructeur qui a trouvé les financements et fait appel aux entreprises locales (Artbats, Jardins du Buech, R+4, Haute Provence rénovation) pour mener à bien ce projet, sous l'oeil bienveillant d'Alain Clapier, le maire, à la faveur d'un bail sur 99 ans. Commencé en juin 2016, il n'aura fallu que quelques mois pour édifier le bâtiment en matériaux bio-sourcés dont les deux appartements du rez-de-chaussée sont aux normes d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Premier projet de ce type de toute la région, le Conseil du parc du Lubéron a approuvé la réalisation de cette maison écologique pourtant atypique mais performante sur le plan des énergies renouvelables, sans oublier les familles dont les enfants vont grossir les rangs de l'école. Le bailleur trop éloigné de la région, c'est la mairie qui aura à sa charge la gestion locative par le biais de son CCAS.

Constitués d'une structure en bois isolée de bottes de paille de seigle posée sur une dalle de béton, les murs ont été préalablement fabriqués dans le Pas de Calais avant d'être acheminés et montés sur place "comme un Lego géant". Les menuiseries bénéficient de la performance du double vitrage. Chaque logement est équipé d'un poêle à granulés, positionné devant un mur de briques de terre crue permettant d'emmagasiner et de restituer la chaleur. Le plancher en bois massif cloué participe à la respiration de l'intérieur. Le toit végétalisé restitue un confort comparable à une climatisation l'été. Des panneaux solaires posés sur le toit apportent l'énergie nécessaire à la production d'eau chaude sanitaire et une cuve enterrée de 20m³ alimente les chasses d'eau et lave-linges.

Grâce à ces installations, les locataires bénéficieront de 80% d'énergie gratuite. "On estime à 50€ par mois le budget consommation d'eau, d'électricité et de chauffage qui restera à la charge des habitants" a précisé le constructeur. Une instrumentalisation interne permet de collecter les données d'hydrométrie, de température et de consommation de chaque logement pour optimiser au mieux les performances énergétiques. Une formation d'une heure sera dispensée à chaque locataire lors de l'état des lieux pour le responsabiliser dans ses usages du logement et participer au mieux à une consommation d'énergie toujours plus économique et écologique.

A. Mendez

La Provence du 1 février 2017

"Scolarisez vos enfants sur place"

Tel est l'appel du maire de la commune de Vachères. "Tous les efforts ont été faits pour préserver notre école" pourtant celle-ci souffre d'une faible fréquentation (classe unique de 12 élèves). Le maire demande aux familles scolarisant leurs enfants ailleurs, de "faire un effort dans ce sens".

 

Entouré des membres de son conseil municipal ainsi que d'élus de communes voisines et élus départementaux, Alain Clapier a dressé le bilan de l'année écoulée: le réseau d'eau a été mis aux normes en remplaçant notamment les vieux branchements en plomb. Une conduite d'adduction d'eau de 47 mètres a été réalisée à côté du château. Des panneaux photovoltaïques ont été installés sur la toiture du foyer rural par les centrales villageoises Lure-Albion. Insalubre et dangereux, le gîte n°3 a été démoli et le terrain communal mis à la disposition d'un bailleur social qui a pris à sa charge le déroulement et le financement des travaux. Désormais un bâtiment tout neuf le remplace, il s'agit de la maison Chênelet, pourvue de 4 logements, qui seront bientôt occupés. "Grâce à cette opération, la commune ne s'est pas endettée" se félicite le maire.

A. Mendez

La Provence du 19 janvier 2017

Les cours en plein air

Les cours en plein air, les pieds dans la boue

La commune de Vachères qui ne scolarise qu'une douzaine d'enfants tout au long de l'année, en a vu débarquer plusieurs dizaines venues en autocar des classes de 6e du collège de Banon, jeudi, lors d'une journée d'intégration organisée par l'établissement en étroite collaboration avec la mairie et les associations vachèroises. Elèves comme professeurs, amateurs de cours délocalisés, ont pu découvrir ou redécouvrir les trésors du village. Séparé en petits groupes, accompagnés de leurs professeurs de sciences de la vie et de la terre (SVf), histoire-géographie, français, arts plastiques et documentation, les enfants ont alterné tour à tour les visites et ateliers culturels, géologiques et archéologiques du village.
Accompagnés par une artiste locale, les collégiens ont abordé le concept de land-art en tentant de concevoir leur propre cairn. Sur le plateau des moulins, ils ont appris à lire le paysage qui se dessine devant eux entre Lure, le Ventoux, les Alpes et le Luberon pendant que d'autres om cheminé dans les ruelles du vieux village guidés par Daniel Le Cornec, élu municipal, qui leur a conté l'histoire de ces vieilles pierres et l'enjeu pour une commune de préserver son patrimoine: le "grand portail" ou "tour de l'horloge", le prieuré du XVIIe, J'église Saint Chtistophe du XIIIe ... Puis ils ont pataugé pieds nus dans la boue faite de terre, paille et eau à la faveur d'un ciel lumineux, profitant de la vue sur le vieux Vachères et du panorama sur les collines alentours.

Fabriquer des adobes
Sur les conseils du maire, Alain Clapier, ils ont malaxé des grosses boules de boue tassées dans un moule pour façonner des adobes, ces briques crues qui, une fois sèches, serviront à monter un rang supplémentaire dans la construction de la maison gauloise entamée par d'autres classes lors de journées similaires. Le musée Pierre-Martel, adresse incontournable, leur a ouvert ses portes dévoilant ses trésors de paléontologie et d'archéologie. Eclairés par les précieuses informations apportées par Françoise Keller, membre de l'association du patrimoine, les adolescents friands d'anecdotes historiques, ont suivi le parcours depuis l'unique gazelle pétrifiée "bachiterium" jusqu'aux silex et autres outils préhistoriques en passant par les fossiles de crocodile, poisson ou de tortue. De "wow" en "t'as vu?" ils ont progressé devant les divers minéraux colorés jusqu'à découvrir enfin la copie de l'impressionnante statue gallo-romaine du 1er siècle avant Jésus-Christ. C'est les yeux remplis d'images et remerciant les bénévoles qui ont passé la journée avec eux que les collégiens sont rentrés à Banon, prêts à répondre au questionnaire distribué en mettant des noms sur les attributs de guerrier de la statue du belliqueux d'une autre ère.


A. Mendez

La Provence du 7 octobre 2016